Julien Bosc nous a quitté soudainement.

Editeur, poète, ami. 

En 2017 paraissait La coupée, texte écrit lors de son séjour en cargo.

De ce voyage, il disait avoir totalement modifié son rapport à l'écriture. Il n'a éprouvé durant ces longues heures en mer aucun ennui, aucune lassitude, mais un véritable émerveillement à regarder. Pour la première fois, disait-il, il regardait réellement ce qui l'entourait. Une sorte d'acuité nouvelle au monde, qu'il rapportait ensuite dans son écriture.

 

* * *

 

 

 

Ne voir que la mer
(calme ridée ou tel à présent forte)
l’horizon tout autour de soi
(ne sachant plus à force de l’observer quelle figure il dessine
est-ce un cercle un rectangle une géométrie mouvante)
le ciel
(nuageux ouvert ou l’un et l’autre et variant sans cesse et de

matières et de couleurs)
la lune si c’est son heure
puis l’aurore
et dans l’aurore à cinq heures
de derrière et sous l’horizon
l’émergence d’un parfait cercle orange
révélatrice fascination solaire d’un temps d’enfance précédant les légendes