Julien Bosc, La coupée

[extrait]

 

Sur la passerelle

sinon le silence

l’invariable ronflement des machines

les communications radio avec d’autres châteaux silencieux

les coordonnées du cap

zero four zero

sa reprise par le pilote

zero four zero

l’annonce de l’exacte position d’un plus ou moins lointain navire

(relevée au compas)

les premières variations d’une mélodie

(pour se tenir éveillé se détendre se souvenir)

l’ébullition dans la bouilloire

(pour qui un café qui un thé)

un bref échange

un rire

et

pilote capitaine ou second officier à part soi

ses peines et ses rêves

les caresses et mots qui précédèrent le départ

les premiers qu’on voudra dire ou taire quand de retour chez soi

et ainsi tout d’une vie

puisque partout la mer le ciel les éléments

le sifflet du vent

et encore le vent et encore la mer

et parole sacrée jamais mot qui ne soit de trop

 


Autres publications du même auteur :

 

L’oculus, l’Ether vague/Patrice Thierry, 1992.

Préludes, l’Ether vague/Patrice Thierry, 1995.

Distraction, Éditions Détroit, 1999.

Pas, Éditions Unes, 1999.

Je n’ai pas le droit d’en parler, Atelier la Feugraie, 2008.

Dans le pinceau du phare (in « Géotopoét(h)ique du territoire de la Creuse »), Jean-Paul Ruiz Editeur, 2011.
Maman est morte, Rehauts, 2012.
Tout est tombé dans la mer, Approches, 2014.

 

De la poussière sur vos cils, La tête à l’envers, 2015.
Le corps de la langue, préface de Bernard Noël, Quidam, 2016.

28 p., 18x13,5 cm, 8

 

Couverture de Marc Girard - Jours de vagues